Embellis-toi. Mais pour qui ? Pour quoi ?
On nous l’a soufflé tôt.
Plus ou moins directement.
Dans les magazines, les pubs, les films, les repas de famille : plus tu seras jolie, plus tu seras aimée, désirée, respectée, choisie.
Plus tu ressembleras à ce qu’on attend d’une femme… plus tu seras digne d’être regardée.
Et puis un jour, ça se retourne : le miroir devient juge.
La moindre ride, le moindre relâchement, les seins qui tombent, le ventre qui dépasse, tout devient un signal d’alerte :
Tu es en train de perdre de la valeur.
Alors on corrige.
On retient, on remonte, on cache, on transforme.
Et souvent, on s’inflige ça… en se disant que c’est “pour soi”.
Mais est-ce que c’est vrai ?
Est-ce que c’est vraiment notre regard, ou celui qu’on a appris à poser sur nous ?
Est-ce que c’est vraiment notre désir, ou la peur de ne plus être désirée ?
Et vous… qu’êtes-vous prête à faire pour être plus belle ?
Pour être “autre” que celle que vous êtes ?
Pour correspondre ?
– Chirurgie esthétique
– Collants remonte-fesses
– Culottes gainantes
– Crèmes anti-âge hors de prix
– Régimes, épilations, teintures, retouches, privations, filtres…
Et quel regard portez-vous sur les femmes qui ne jouent plus ce jeu ?
– Celles qui ne maquillent pas leurs cernes.
– Celles qui montrent leur ventre sans l’avoir lissé.
– Celles qui vieillissent sans demander pardon.
Il ne s’agit pas ici de critiquer celles qui choisissent, mais de questionner ce qui nous pousse à croire que ce choix est “libre”.
Il y a, en toile de fond, une trame invisible tissée depuis des siècles :
– Plaire aux hommes
– Se comparer entre femmes
– Être en compétition plutôt qu’en sororité